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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

Ce livre broché, de 90 pages,  est paru le 01/10/2015 aux Presses Du Midi.

Extrait de l’ouvrage : le pataouète et judéo-arabe qu'on parlait à Alger 

La langue de chez nous autres, c’est pas la langue à tout le monde. Elle ressemble à aucune autre et aucune autre langue elle ressemble à la langue de Robert Capomazza, Henri AGULLO ou Jacky ZENOUDA. 

C’est pas une langue de bois même que les politiciens y sont champions du monde mieux qu’au football.

 

C’est pas une "mauvaise langue" encore que certaines femmes rien qu’elles critiquaient les voisines. Notre langue à nous autres, rien elle a à voir avec le phrasé de LAMARTINE mais plutôt avec celui de "La Martoune", "celle qu’elle a des blis-blis dans le citron", avec un zeste d’italien, un soupçon d’espagnol, une pincée d’arabe, trois fois rien de juif, quelques bribes de français et une tonne de gros mots. 

Notre langue, elle a un nom à coucher dehors même que Azrine même pas y connaît son origine. Musette ou pas Musette? Taouète ou pas taouète, that is the question? 

Notre langue, c’est la langue pataouète. Rien tu dis son nom et tu comprends que c’est une langue qu’elle a pas de pays. Peut-être que c’est un kilo, un tchitchepoune, un ivrogne quoi, qui l’a nommée ainsi pour faire rimer pataouète et anisette. A saoir! 

Toujours est-il, pour que le pataouète y reste pas une langue morte, obligé plein des écrivains que total y z’écrivent comme des savates, y z’ont tiré une langue comme ça pour raconter des histoires à dormir debout. 

La langue pataouète, elle est comme les pataouètes eux-mêmes: des marseillais à la puissance dix ( it la Grande Zohra) Alors obligé, les mots et les expressions françaises y suffisent pas pour exprimer ça qu’on a dans le ventre et qu’on sort par la bouche. Quand un métropolitain y rencontre une connaissance y lui dit : "comment allez-vous?". La vérité c’est fade comme un plat de couscous sans loubia, sans harissa et sans ch’tétrah. 

Nous autres, avant de dire bonjour, on se donne une grande claque dans le dos pour montrer la force de nos sentiments même que ça fait un de ces mal! Après on s’insulte la mort de nos morts tellement qu’on est content de se revoir. Ensuite on s’embrasse la mort de nos osses. Enfin, rien qu’on parle pour rien dire avec des mots pataouètes que grâce à Dieu y z’existent oussinon on resterait muets comme des carpes qu’elles seraient pas radoteuses comme Madame Noguès que toujours elle répète comme une smata qu’elle est.

Le langage pataouète, en un mot comme en cent, il a plus de punch et il est plusse imagé. Y sort du cœur alors que le français y sort seulement de la bouche.

La langue pataouète elle pêche dans la Méditerranée la bouillabaisse, la paella, la macaronade et le couscous et elle en fait un gigantesque "ralota"; quel imbécile en français y devient "quel babao", "quel r’mar", "quel badjej", "quel torrène" en pataouète.

Disons que le pataouète est un français gargantuesque dont les effets gestuels, sonores et grammaticaux y sont amplifiés par cent, voire mille.

Le pataouète, un manchot y peut pas le parler parce que les mains de nous autres, elles sont le prolongement de notre bouche. Un "karse", un "smom", une figure d’enterrement quoi, y peut pas apprendre le pataouète "pace que" la langue de chez nous autres, elle se chante et elle se rit, elle se crie et elle s’exclame, elle s’enflamme et elle enflamme. Notre langue, elle puise son énergie dans les jardins de Tolède, les cafés de Livourne, les souks d’Arabie ou les ruelles de Jérusalem. Notre langue elle est notre expression, notre passeport pour l’amitié, notre essence de civilisation méditerranéenne, notre mémoire éternelle.

ELLE EST NOTRE AME !

A 

ABOUTONNER

C'est plusse mieux quand on aboutonne que quand on boutonne un bouton, non!
--Aboutonne ta braguette ou le petit oiseau y va s'envoler

Ah! nos mères d'Algérie, elles avaient le chic pour dire ces choses-là!

 ACHNO:

Exclamation arabe que le pataouète il a adopté pour remplacer le terme français "incroyable"
--En arrivant au stade, Achno, le monde, dé! On aurait dit qu'y avait tout Alger!

Y mentait cuilà qui faisant l’intéressant.
ADA MACANE ET MON CHAPEAU:

Une expression arabo-pataouète pour clore la discussion ou la narration d’un menteur comme un arracheur de dent (et même dehors)
--J'ai vu Alger plonger dans la mer et disparaitre à l'horizon. Ada Macane et mon chapeau ! ADROPER 
C'est ça que le pataouète y disait pour s'encourager ou pour encourager les autres.
--Adrope ninette, en avant nous autres! Et des fois on disait adrope ninette et en avant vous autres quand on avait le trouillomètre à zéro"

AFFOGUER:

Donner le compte bien, bien comme Cerdan qu'il a affogué Tony Zale qu'encore aujourd'hui, il a rien compris. Y lui a donné le compte quoi !

AKOBIN:

En français dans le texte, ça veut dire si dieu veut, genre à l'année prochaine parce que si dieu y veut pas, mieux on va se jeter au kassour.
--Allez ma fille! Akobin le mariage avec un garçon qu'il a plein d'argent, hein!
Et pour un anniversaire, on dit "Akobin l'année prochaine, mon fils" (si c'est un garçon!) Sans ça, on dit "ma fille!". Alors, tout, y faut qu'j'vous dise!

A LA BAB ALLAH:

Ma mère, toujours elle nous reprochait de nous coiffer "à la bab allah" pace qu'on se faisait la raie dans les cheveux droite comme les tournants de rue Rovigo.

C'est comme nos lits, on les faisait "à la bab allah." Nous autres, les fainéants, tout on faisait à la bab Allah. Raïeb Allah!
ALLATCHE:

Grosse sardine. Les pêcheurs-fanfarons,  ils attrapaient des allatches. Les pataouètes qui aimaient pas le poisson y préféraient qualifier les grosses femmes d'allatches.
--Tain d'allatche, cette gonzesse, elle déborde de partout, dé!

ALLIGATOR :

C'est comme ça que le pataouète, il appelait les chemises Lacoste. Qué, des Lacoste, des Alligators. Et pas des Ali Baba.

AMMAN:

Une exclamation qui résume à elle seule "achno" et "aouah". On l'employait quand on restait baba comme Ali. (c'est le même que tout à l’heure)

--Tch'as vu les tétés qu'elle a, dé! Amman, on dirait des ballons de foot!"

En fait, quand on disait "amman", c'est que vraiment, on sait plus où regarder tellement qui  en avait trop!

ANDAR ET VENIR:

Aller et retour en version pataouete. Le paséo espagnol qu'on tapait en sillonnant l'Avenue de la Bouzaréah ou n’importe quelle avenue suffisamment grande pour qu’on puisse faire andar et venir

AOUFFA:

A Alger cuila qu'il a pas mis en pratique cette façon d'entrer sans payer  dans un stade, un cinéma, un théâtre (la vérité, je pourrais en faire des pages et des pages!), c'est pas un homme. c'est pour ça qu'on les appelait des gamates. C'était pas des resquilleurs, quoi!
--Et comment je vais au stade, j'ai pas un demi sou?
--Tch'as qu'à rentrer à ouf ou mieux à ouffa!

AOUAH !

Avec un point d'exclamation, c'est quand on est dégouté de la vie, qu'on a qu'une seule envie, c'est d'aller se jeter au kassour comme Schétrit quand y perdait tous ses noyaux!
--Aouah, ch'uis nul et non avenu! (cuila qui sait de quel esprit tordu, elle est sortie cette expression, y m'écrit pour me le dire.....)
AOUAH ?

Avec un point d'interrogation, sûr c'est une interrogation il aurait dit mon cousin de la cuisse gauche que son vrai nom c'est LA PALICE. Ça veut dire "c'est pas vrai", "c'est pas possible menteur que tch'es".
--Hier soir, j'ai donné le compte à la petite Solivérès!
-- Aouah?

APREUM:

L'après-midi du pataouète.
--Ou tu vas cet apreum?
--Chez TAZZ!

ARAPETE:
L'arapète, c'est collant comme la sécotine. Une arapète elle répète toujours la même chose!
-- Hou! Arrête de rabâcher comme une arapète!
ARCHORECHE:
Alors là, une seule signification : quel dommage quand même!
-- Archorèche! Belles comme on est, même pas on fait du cinéma. c'est pas pêché, la vérité!
ARDJEB 
L'ardjeb, c'était la fiesta, le bruit, le tcherklala, la barouffa.
--Viens dimanche au cabanon, on va s'taper l'ardjeb!

ASGUERE
Commémoration israélite pour les morts de la famille. Une Toussaint individualisée en quelque sorte.
ATSO 
L'autre nom pataouète de la tota qu’on lançait à la figure de cuila qu’on avait envie de dobzer.
--ATSO! Tu me prends pour un babao ou quoi ? avec le majeur dressé vers cuila qui nous énervait.
AUBERGINE 
Cuila qu'il avait pris une bonne tannée dans une entrée de maison, un ring ou chez azrine, on disait qu'il s'était fait "MONTER L'AUBERGINE". Surtout s'il avait un oeil au beurre noir!
AZRINE : Personnage essentiel du folklore pataouète. Alors, obligé, à tout seigneur, tout honneur.

Cuila, pire que l'arlésienne. Tout le monde il en parlait et personne y le voyait! C'était cuila qui savait tout, le personnage imaginaire par excellence.
--Même Azrine il aurait échoué à cet examen tellement qu'il était difficile!" y disait le garçon qu'il était nul en tout!
--Azrine y vient, j'bouge pas! 
 y répondait Polo à sa mère qui lui demandait de se lever de la sieste.


 

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