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Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

A  Alger, le 9 juin 1957, dimanche de Pentecôte, il  y a eu un attentat.tragique.

Le Casino de la Corniche est connu de tous les Algérois au même titre que le Santa-Lucia, son rival. Il est situé à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Alger, près de Pointe-Pescade.

C'est un imposant bâtiment bâti sur un  éperon rocheux, face à la mer, un peu en retrait de la route littorale. On y accède par une longue allée de gravier soigneusement entretenue.

En semaine, il est surtout fréquenté par les joueurs. Le samedi et le dimanche, il attire la foule des danseurs.

A son programme, les vedettes de la chanson en tournée en Algérie, des fantaisistes, des attractions de classe internationale. Dario Moreno a beaucoup de succès à chacun de ses passages. Le fameux travesti Coccinelle y vient souvent avec la troupe du Carrousel de Paris.

À l'intérieur, la décoration est simple et de bon goût. La salle du night club est peinte en bleu sombre avec des étoiles qui piquent les murs de taches plus claires. Autour de la piste de danse, qui sert également de scène, de' petites tables rondes. Les baies vitrées ouvrent sur la mer.

Dans ce cadre de boîte de nuit hollywoodienne, évolue le patron, Henri Azzopardi, petit homme brun et jovial qui a hérité de ses origines maltaises le sens des affaires. Henri Azzopardi - Riri tout court pour une multitude d'amis appartenant à tous les milieux - est également propriétaire de la brasserie le Novelty et d'un autre dancing, le Fantasio, deux établissements proches de l'hôtel Aletti.

Le dimanche 9 juin 1957, jour de Pentecôte, aucun membre du personnel du Casino de la Corniche ne remarque que l'un des plongeurs, un musulman d'une quinzaine d'années, vient prendre son service avec un paquet sous le bras. Ce paquet, en apparence parfaitement inoffensif, est une redoutable bombe de deux kilos que lui a fait remettre Yacef Saadi. L'employé a accepté de la dissimuler sous l'estrade de l'orchestre à la condition d'être pris en charge par le F.L.N. avant qu'elle explose et d'être acheminé ensuite vers le maquis.

À partir de 16 heures, la salle du Casino commence à se remplir de couples. Il y a beaucoup de garçons et de jeunes filles qui ont préféré la danse aux plages. On échange des signes amicaux avec les musiciens de Lucky Starway. Ce sont tous des Algérois. Certains sont même des enfants de Bab-el-Oued. 

A commencer par Lucien Serror, colosse de trente-cinq ans dont le visage rond et perpétuellement souriant est barré d'une fine moustache noire. Quand il a monté son orchestre avec des copains, il lui a donné le nom de Lucky Starway. Pour un ensemble de jazz, ça fait plus sérieux que Lucien Serror. En tout cas, c'est plus dans la note.

Il est 18 h 30. On danse au coude à coude et joue contre joue sur la piste cirée du Casino de la Corniche. Sur l'estrade, Lucky Starway dirige ses musiciens. Les garçons en veste blanche se faufilent à travers les tables pour apporter les consommations. Le soleil est encore haut dans le ciel et embrase-la mer. C'est un dimanche comme les autres, un dimanche de détente pour toute une jeunesse qui a provisoirement chassé de son esprit la guerre et le terrorisme, et pourtant !...

Soudain, en quelques secondes, c'est le drame. Une terrible explosion secoue tout l'établissement. Un souffle d'une puissance inouïe balaie la salle, qui s'emplit instantanément de fumée et de poussière. À travers ce nuage on distingue des fantômes qui titubent avant de s'abattre dans un invraisemblable désordre.

Sous l'effet de la bombe, l'estrade a été littéralement pulvérisée, projetant musiciens et instruments dans tous les sens. Rien n'a résisté à la déflagration. Des dizaines de corps sont allongés parmi les débris de tables, de chaises, de verre pilé. Le piano, éventré, tient en équilibre sur un pied.

L'engin explosa à 18 h 55, fauchant des dizaines de couples qui dansaient tendrement. L'estrade fut littéralement soulevée par l'explosion. Le piano réduit en miettes. Lucky Starway, était mort sur le coup, éventré. Sa chanteuse eut les pieds arrachés, le danseur Paul Pérez, les jambes sectionnées. Lorsque la fumée et la poussière des gravats furent retombées, plus de cent personnes gisaient dans les décombres, perdant leur sang. Le silence qui succéda à l'explosion fut bientôt déchiré par les hurlements des blessés. La bombe ayant explosé au ras du sol la plupart des victimes étaient atteintes aux membres inférieurs.

Huit morts. Quatre-vingt-un blessés dont dix furent amputés ! Les douze blocs opératoires de l'hôpital de Mustapha fonctionnèrent toute la nuit. Alger était à nouveau atteint de folie sanguinaire. Le cycle répression-attentat avait repris avec une intensité que jamais la capitale n'avait connue.

Et le mardi, aux obsèques des victimes, ce fut l'émeute. Comme à l'enterrement de Froger. Les ratonnades. Les magasins saccagés. Les C.R.S. qui tentent de contenir la foule en furie. Les grenades lacrymogènes... Le couvre-feu fut établi à 21 heures.

L'exaspération était à son comble. Chez les Européens, on veillait des corps. Le fossé venait de s'élargir et de se creuser un peu plus. Ce n'était plus un fossé, mais un ravin ! Les débris laissés par l'émeute étaient tout juste balayés, la fumée des gaz lacrymogènes était à peine chassée par l'air printanier que Bigeard et ses hommes du 3.. R.P.C. revinrent dans le merdier.

Un vieil et fidèle ami racontait au sujet de Lucien Serror :

C’était un ami personnel, il avait une boutique de tailleur dans l’avenue de la Bouzaréah à Bab el Oued sous l’enseigne de "GIL STAR" il m’a confectionné mon premier complet "sur mesure" en "SPORTEX", S’il vous plait ! il jouait surtout du SAXO, lorsque je dansais dans un de ses bals, il descendait de l’orchestre pour venir autour de mon couple en jouant. 
Lucky STARWAY  jouait à peu près de tous les instruments: de l’accordéon, de la batterie, de la trompette, du saxophone et bien sûr, du piano. C’était le seul musicien de jazz de la  ville d'Alger.

 

Commentaires   

0 # gozlan lucien 17-06-2018 10:09
A son enterrement au cimetiere juif de st Eugene,c est le rabbin ACHOUCHE qui procede a la ceremonie d inhumation.
C est les larmes aux yeux qu il prononce un hommage au colosse de 120 kg....
".....il est ecrit que nous sommes ne de la poussiere et que nous retournons a la poussiere..."
Les restes de Lucky Starway etaient reunis dans un sac que les gabbais allaient mettre en terre...!!!!
Lucien GOZLAN
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0 # Emma Motet 17-06-2018 14:42
A sa mort Mme Serror née Guigui a du se remettre a travziller pour élever ses enfants.
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0 # Henri DAHAN 18-06-2018 10:46
Habitant au 84 avenue Malakoff et l'appartement de mes parents donnant à la fois sur l'avenue et sur le bd Pitolet, j'ai assisté en direct à la ratonnade à la sortie du cimetière. Les tueurs fellouzes voulaient provoquer ces débordements. Il y sont parvenus. Mais je témoigne que jusqu'aux ultimes jours de juin 1962, les habitants du quartier de la Consolation se protégeaient mutuellement des attentats sauvages.
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