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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

En 1479, alors que l’Inquisition médiévale vit ses dernières heures, Ferdinand V et Isabelle la Catholique fondent l’Inquisition espagnole.

Le port d’une "ROUELLE" jaune, sur les vêtements du Juif devient obligatoire

Dès 1215, le pape Innocent III avait publié le décret du IVe concile de Latran (le palais de Latran, à Rome était à l’époque la résidence des papes) contraignant les Juifs à porter des vêtements différents des Chrétiens pour mieux les repérer.

La rouelle est constituée d’une pièce d’étoffe jaune découpée en disque. Le port ostensible était imposé comme signe vestimentaire distinctif par les autorités civiles.

Ce marquage infamant est repris dans toutes les représentations du Juif de l'époque (peinture, sculpture, enluminures, etc.). Le port de la rouelle représentait aussi un risque pour les individus juifs car cela les « signalait à la haine publique.

Le décret de l’Alhambra est l'édit d’expulsion des Juifs, signé le 31 mars 1492

Les appels à la révocation du décret n'aboutissent qu'à reculer de deux jours la date d'application qui est donc le  2 août 1492, soit, selon le calendrier juif, le 9 Av 5252, jour de jeûne commémorant la destruction des premiers et deuxième Temples de Jérusalem.

Ce décret met fin à 1500 ans de vie juive en Espagne. Jusqu’à début août, environ 185 000 Juifs choisiront la route de l’Exil, dont près de la moitié iront dans l’empire ottoman, 20 000 mourront en chemin, 50 000 se convertiront

Déclenchées par les persécutions chrétiennes de Séville, de Catalogne et de Majorque (1391), puis par les expulsions d’Espagne (1492) et du Portugal (1497), les vagues d’immigration séfarade bouleversent la géographie de la diaspora juive.

La majeure partie des réfugiés gagne le Maghreb et s’installe dans les régions de Fès, Tétouan et Tlemcen, et le long du littoral méditerranéen (Oran, Alger et Tunis). Les exilés intègrent les communautés existantes. S’ils préservent leurs coutumes, ils adoptent rapidement les langues locales.

Des rabbins séfarades (Isaac ben Sheshet Barfat, Simon ben Tsemah Duran, Efrayim Encaoua), deviennent les rénovateurs et les guides spirituels du judaïsme maghrébin alors sur le déclin.

Le journal "Le Matin" du 1er juin 1942De la "ROUELLE"  à  "L'ÉTOILE"

Environ 450 ans plus tard, fin mai 1942, à la suite d’une décision allemande, tous les juifs de plus de six ans vivant dans la zone occupée (ainsi qu’en Hollande et en Belgique) doivent porter, en public, l’étoile jaune sur laquelle est écrit, en lettres noires, dans des caractères imitant la calligraphie hébraïque, le mot "JUIF".

Il s’agit d’une étoile à six branches reprenant la forme de l’Étoile de David. La couleur jaune vient de celle de la rouelle, étoffe imposée aux juifs, comme signe distinctif par le concile de Latran en 1215.

Cette pièce de tissus doit être cousue sur le côté gauche des vêtements de dessus et placée en évidence.

Les étoiles étaient distribuées dans les commissariats par la police française, en échange d'un point textile sur les cartes de rationnement. 

L’étoile facilitera le repérage des « indésirables » et leurs arrestations. Suivra,  le 16 juillet 1942 la rafle du Vél d’Hiv .

 

Extrait du roman historique "Les Bûchers d’Isabelle la Catholique" de Didier Nebot 

"A bord de la frégate Dieu le veut, deux jours après le départ, Manuel de Santos, seul maître à bord après Dieu, informa le rabbin Eli ben Zaffran, porte-parole des deux cent cinquante pauvres bougres qu’il transportait, de la décision qu’il venait de prendre : "Si vous voulez continuer votre route, il faut me payer un supplément."

"Mais nous vous avons déjà tout réglé à l’embarquement ! Comment voulez-vous que… ?"

"J’encours trop de risques avec vous. Vous sentez mauvais, vos enfants sont malades et rien ne me dit que vous n’aurez pas la peste… "

" Vous n’avez pas le droit, vous aviez promis."
"Je n’ai pas le droit ! Eh bien tu vas voir, fils de chien !"

Il appela deux de ses marins qui saisirent le rabbin et le jetèrent par-dessus bord. La mer était calme, il n’y avait pas de vent, et pendant un long moment chacun entendit les cris du malheureux. Puis ce fut le silence.

Le capitaine s’adressa alors aux proscrits, qui s’étaient blottis à l’avant du bateau : "Voilà, manants, ma réponse à votre rabbin. Maintenant, payez et je vous mènerai à bon port."

Une frêle silhouette sortit du rang : "Moi je ne peux donner davantage, je n’ai plus rien."

"Ah ! Tu n’as plus rien, ricana Santos. Tu as bien une famille quand même."
"Oui."
"Désigne-la-moi."
Tout tremblant, il montra du doigt sa femme et sa fille.

Alors le capitaine s’adressa à ses hommes : "Elles sont à vous, faites-en ce qu’il vous plaira."

Six forcenés se ruèrent sur les deux juives, tandis que deux autres frappaient le mari qui cherchait à s’interposer. Ils s’acharnèrent sur les deux malheureuses, les abandonnant après avoir assouvi leurs instincts… Les autres passagers, terrorisés, s’étaient bouché les oreilles et avaient fermé les yeux. Santos, l’œil brillant, se campa devant eux et les obligea à l’écouter.

"Celui-ci a réglé son droit de passage. Comme vous le voyez, je ne suis pas difficile, j’accepte l’or et toute autre fortune. Dois-je encore le prouver ?"

Alors, fébrilement, tous mirent en commun le peu qui leur restait et le donnèrent pour avoir la vie sauve. Cela dut suffire puisque Santos ne leur réclama rien d’autre et les transporta jusqu’au Maroc.

Des scènes similaires se déroulèrent sur d’autres navires. Un capitaine, prétextant le manque de vent, fit traîner le voyage en longueur jusqu’à ce que les fugitifs aient épuisé leurs provisions. Puis il leur vendit de la nourriture à prix d’or. Souvent, alors que les bateaux arrivaient en territoire maure, les exilés parqués dans la cale étaient vendus comme esclaves aux riches Arabes ou abandonnés sur les côtes désertes de l’Afrique. Vols, viols, meurtres, tout était bon pour profiter de leur extrême faiblesse…

 
 
 
 

Commentaires   

0 # Michel Zaffran 23-07-2018 05:27
Message à l’attention de Didier Nebot

Bonjour
Dans votre roman historique historique vous utilisée le patronyme Eli ben Zaffran pour nommer le rabin porte parole des prisonniers

Pouvez vous me dire si vous avez des documents faisant référence à ce patronyme ou bien est ce juste une invention de l’auteur

Merci d’avance
Michel Zaffran
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0 # nebot 26-07-2018 18:07
Cher Monsieur Zaffran,

Cette histoire est réelle le bateau s'appelait vraiment "Dieu le veut".. Le rabbin non, je ne crois pas. Il faut que je vérifie dans mes archives
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