Imprimer
Affichages : 669

Par Charles BUNAN

On oublie souvent que les fêtes de Tichri ne finissent pas le soir de Yom Kippour. Nous n'en somme même qu'à la moitié…

 

À Oran, durant les dernières années vécues par notre Communauté, certains organisaient, après le jeûne du Grand Pardon, des soirées dansantes à Canastel ou ailleurs.

Une façon comme une autre d’annoncer qu’après "les jours redoutables", viennent les fêtes joyeuses, c'est-à-dire  Soukhot et Simhat Thora.

 

  Cliquer sur l'image pour l'agrandir

La fête des cabanes

Dans la grande synagogue d’Oran, la Soukha était installée dans l'aile qui donnait sur le boulevard Magenta. Elle était décorée de fruits et recouverte de branches de palmier. C’était une Soukha immense et pourtant , lors du  Kiddouch qui suivait la prière, elle ne pouvait contenir tout le KahaL Il arrivait souvent que l'on fasse deux services. Après avoir goûté le vin du Kiddouch, on ramenait un peu de pain à la maison pour faire partager à Ia famille "le motsi de la Soukha".

Comme nous vivions en contact avec le monde rural, et que c’était la période des semailles, on espérait la pluie en affirmant que si la Soukha était mouillée, la récolte serait bonne.

Un peu plus tard dans le mois, nous fêtions "Pépéhem". Ce soir-là, une longue file de fidèles s'étirait tout le long du boulevard Joffre, à l'entrée de la synagogue.  Les parents accompagnés de leurs enfants tenaient dans leur main de grandes bougies multicolores et torsadées, décorées de rubans rouges. On attendait parfois une heure pour pénétrer dans la synagogue avec sa bougie afin de l'allumer

Pépéhem ou Simhat Thora ?

Il a fallu arriver en France pour savoir que "Pépéhem" était la contraction de MI PI EL, ce qui veut dire, mot à mot : "de la bouche le Dieu"(que laThora nous fût donnée). C’était en fait le soir de Simhath Thora ! Le soir de la joie de la Thora au peuple juif.

Dans l’enceinte du Temple, on était accueillis par les Rabbins Samuel COHEN et Léon FIMA (Zal) toujours souriants, et d’une grande délicatesse pour chacun de nous.

Enfin, on arrivait devant le Tabernacle où tous les Sefers étaient rangés méticuleusement dans Ie Hékhal grand ouvert. Les hommes s'approchaient à tour de rôle et les embrassaient en faisant des vœux pour l'année à venir. Cependant, on ne sortait pas les Sefer et l'on ne dansait pas avec les rouleaux de la Thora comme on le fait aujourd'hui.

Cette carence de ferveur religieuse était compensée par une piété sincère et des sentiments affectueux réciproques. La Communauté unie était rassemblée sans distinction. Naturellement et simplement, nous suivions l'enseignement essentiel d'HILLEL "tu aimeras ton prochain comme toi-même…"

Hag sa meah !

Charles BUNAN