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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

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L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

                                                                          

                                                                                                         

FOND OSE.CDJC

MORIAL organise le jeudi 28 mai 2015, à 19 heures à la mairie du 16e arrondissement de Paris, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la mairie du 16ème arrondissement de Paris, sur le thème :

 

                    "Et les enfants furent sauvés".

 

 

 

Extraits de la conférence, à partir du livre de Didier Nebot : "Et les enfants furent sauvés..."


A la Sainte Baume

En 1943 l’OSE (l’Oeuvre de Secours aux Enfants) confie une vingtaine de jeunes filles juives, âgées de 14 à 16 ans, la plupart d’origine allemande, à un Dominicain, le Père Piprot d’Alleaume pour les sauver de la déportation.

 

                        LES JEUNES JUIVES A LA SAINTE BAUME … PHOTOS EXTRAITES DU LIVRE « ET LES ENFANTS FURENT SAUVES »                               JEUNE JUIVE A LA SAINTE BAUME … PHOTO EXTRAITE DU LIVRE "ET LES ENFANTS FURENT SAUVES"

                                                                     

Le Père Piprot d’Alleaume office à la Sainte Baume, près de Toulon et cet endroit, un des hauts lieux du christianisme, est très fréquenté. Selon la légende Marie Madeleine, y aurait vécu durant trente ans et il y a de nombreuses processions tout le long de l’année où viennent parfois des allemands.

 

                     LA SAINTE BAUME (PHOTO DIDIER NEBOT)

                                                    LA SAINTE BAUME (PHOTO DIDIER NEBOT)

Le Père Piprot d’Alleaume a une idée de génie. Pour ne pas éveiller les soupçons Il se rend à Vichy pour voir le Maréchal Pétain. Laval est présent lors de cette entrevue.

PHOTO ERIKA : envoyée après la libération à tante Suzy

 

 

Le Père expose son projet : créer une école hôtelière en vue de former les adolescentes à l’hôtellerie.

Le Maréchal approuve vigoureusement cette initiative et lui promet même des fonds.

"Il va de soi, mon Père, que vous ne prendrez pas de juives." dit Laval

"Oh non, bien sûr que non. "

 

 

Fort de cet appui et avec une petite équipe il protège ces jeunes filles, à l’abri des regards indiscrets… Il tient ainsi plus d’une année…

Malheureusement Au début du mois d’août 1944, le Père Piprot d’Alleaume est convoqué à la Kommandantur de Marseille. Il a été dénoncé.

 

                                           Père Piprot         Le Père Piprot D’Alleaume

               Mère Xavier et Renée Folco à la Sainte Baume, été 1943Mère Xavier et Renée Falco

 

"Nous savons tout, vous hébergez des juives !" lui dit-on à la Kommandantur

Le Père se défend tant bien que mal. Il retourne à l’hôtellerie s’attendant au pire et tout le monde prie avec ferveur. Effectivement, une descente en force de la gestapo est prévue pour le 21 août.

Mais le 15 août 1944, les alliés débarquent en Provence et le 21 août au matin, les abords de l’hôtellerie sont remplis de soldats alliés qui se sont déployés dans la nuit. Les jeunes juives sont sauvées par les tabors marocains, troupes militaires arabes.

Dans ce sanctuaire dédié à Marie Madeleine, ce fut un véritable miracle !

"Dans la nuit le Tabor (troupes militaires coloniales) avait reçu des GMC et des jeeps avec pour mission de rejoindre Cadolive en passant par le massif de Sainte Baume et Auriole. Le colonel de Colbert me confie 4 jeeps pour ouvrir la route du Tabor car il peut y avoir encore des allemands dans cette région. Aucun ennui sur toute la route. En arrivant devant le Monastère de la Sainte Baume, nous voyons les portes s’ouvrir et jaillir une ribambelle de jeunes filles hurlant leur joie d’être libérées. Elles montent sur les genoux des goumiers (unités « d’auxiliaires indigènes ») qui n’en demandaient pas tant et nous demandent de faire une petite promenade. Après quelques tours sur la grande place, le Tabor arrivant, il a fallu nous séparer de toutes ces petites juives que les Bons Pères avaient cachées aux allemands."

Témoignage de De Kérautem- Archives province dominicaine de Toulouse

 

A l’insu de Pétain

Les jeunes juives cachées au cœur du régime de Vichy, sous le nez du Maréchal Pétain

Après la signature de l’armistice du 22 juin les nouvelles autorités de la France décident de s’installer à Vichy.

PAVILLON SEVIGNE

 

Pétain réquisitionne le Pavillon Sévigné, le plus grand palace de Vichy. Il laisse aux propriétaires, la famille François-Risler, trois pièces en rez-de-chaussée. Dirigeants des éclaireurs de France, Pierre François-Risler et son épouse obtiennent l’autorisation des autorités d’y installer les bureaux de leur mouvement dans les combles du Pavillon Sévigné.

 

 

 

André Dennery, associé de l’une des plus grandes maisons de banque de la place de Paris, faisant partie de l’une des plus vieilles familles juives françaises, originaire d’Alsace lorraine, dont les ancêtres se sont illustrés sur les champs de bataille obtient l’autorisation (vu les états de service de sa famille) de se rendre à Vichy pour y vivre avec son épouse et ses trois filles.

 

Arc de triomphe : Le Général de division Rottembourg, baron de l’Empire, parent des Denery

 

 

Le Général de division Rottembourg, baron de l’Empire, parent des Denery, a son nom inscrit sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile.

 

 

 

 

André Denney arrive en septembre 1940 à Vichy, le nouveau centre économique de la France, et il y transfère ses activités, sous le camouflage protecteur et amical d’un autre cabinet financier, "aryen" celui-là et replié également à Vichy.

Les trois filles d’André Dennery, ayant fait partie des éclaireurs de France à Paris, s’inscrivent tout naturellement aux éclaireurs de France à Vichy. Elles font ainsi la connaissance des François-Risler et des Duphil, dirigeants du mouvement.

                              ECLAIREURS DE France A VICHY 1943

 

Annette Dennery et ses sœurs se retrouvent en classe avec les fils et filles de ministres..., d’espions..., de collabos.

Mais tout se dégrade et arrive le second Statut des Juifs, de juin 1941, encore plus restrictif que celui d’octobre 1940.

Les éclaireurs de France ont compris la gravité de la situation, beaucoup de leurs cadres sont passé à la résistance, mais la direction continue à travailler au sein du Pavillon Sévigné en donnant le change au maréchal tout en ayant une action de résistance passive.

Les rafles, les violences, les délations font réfléchir André Dennery. Il n’est plus en sécurité à Vichy. Il faut partir. Ainsi en 1943, sous une fausse identité, il s’installe en moyenne montagne, dans un petit village de la région, le Mayet de Montagne, accessible par un petit train régional.

André retire ses trois filles de l’école. C’est la panique, il y a pas mal de juifs à Vichy qui s’étaient imaginés, au départ, comme André, que leur statut de juifs français les mettait à l’abri de tout. Bien sûr ils déchantent et l’espoir laisse la place à l’angoisse.

Mais où se cacher ? A qui faire confiance ? André est un Lorrain, un homme discret, parlant peu et ne demandant rien à personne. Il ne connait pas particulièrement les François, ni les Duphil, sinon que ses filles les voient régulièrement du fait de leur appartenance aux éclaireurs de France, en particulier Madame François, la Cheftaine en chef.

Alors c’est elle qui prend l’initiative et qui trouve la solution. Puisque les autorités de Vichy les ont en « sympathie » et qu’elles ne se méfient absolument pas des éclaireurs de France, pourquoi ne pas profiter de cette aubaine pour recueillir les petites. Ainsi, avec une audace inouïe, après une concertation avec les Duphil et les Basdevant qui habitent tout près de chez elle, elle propose d’héberger les filles Dennery.

Ainsi durant une année trois petites juives vont vivre, à l’insu de Pétain, sous son nez et parmi son entourage.

Pierre François - Source photo EDF - Crédit photo DR

 

 

L’appartement des François situé au rez-de-chaussée du pavillon Sévigné comporte trois pièces.

Lise a le statut de "gouvernante" et dort avec les enfants Risler, dans une chambre, les François dans une autre et les parents Risler dans la troisième.

Ils se réunissent dans la cuisine qui sert de pièce commune. L’appartement fait partie du Pavillon, pour y avoir accès, il faut passer par l’entrée principale, contrôlée par la milice.

 

 

 

Pierre François

Lise, en tant que gouvernante, donne parfaitement le change, elle se promene régulièrement avec les enfants. Le maréchal la voit pratiquement tous les jours, lui demandant : « Les enfants vont bien ? », il ne se doute de rien. Elle arrive à garder son self contrôle et montre une certaine indifférence lorsqu’elle croise les hommes de Pétain, qu’ils soient simples fonctionnaires, gendarmes ou membres du gouvernement. Quel courage, quel sang-froid pour cette jeune fille qui avait subi les affres de la rafle de Clermont Ferrand, qui avait vu plusieurs de ses camarades être pris par la gestapo, quel courage de passer tous les jours devant les alliés des nazis. Le Pavillon est toujours animé, le régime de Vichy y organise de nombreuses réceptions auxquels les François et Lise n’assistent, bien entendu, jamais.

René Duphil

Annette la plus jeune des trois sœurs, un peu plus insouciante, habite chez les Duphil, à deux pas de là, elle vient presque tous les jours au Pavillon Sévigné, par la grande porte, voir sa sœur et elle joue souvent avec les enfants Risler. Les gardes la connaissent et la laissent passer sans lui demander quoique ce soit, elle fait en quelque sorte partie du paysage. Elle rencontre à plusieurs reprises le maréchal sans lui adresser la parole, sans en être non plus effarouchée.

En juin 1944 les François et les Risler décident de partir pour l’été dans leur propriété de Saint Etienne de Vicq, située à 30 kilomètres de Vichy avec Lise et Annette qui les rejoignent.

La maison est grande et elle peut accueillir beaucoup de monde : Les François avec 5 enfants, les Risler avec 2 enfants, des cousins, des amis dont le dessinateur des éclaireurs qui cherche à échapper au STO, un jeune juif qui est caché dans une ferme voisine et qui vient le dimanche faire des versions latines, Lise et Annette…

Bien entendu il faut être le plus discret possible, avec des identités différentes selon les circonstances pour éviter les questions indiscrètes des voisins. Par bonheur durant cet été survient la libération, les Dennery sont sauvés, ils ont échappé aux griffes des nazis. Ils retournent à Vichy, où Annette voit, avec effarement, la mère d’une de ses camarades de classe la tête tondue. Elle réalise alors qu’elle l’a échappée belle, sa survie ainsi que celle de ses parents et de ses sœurs a tenu du miracle.

En 2008 Annette Jacob Dennery accepta de témoigner, dans le livre "Et les enfants furent sauvés" de Didier Nebot et de raconter son extraordinaire histoire.

Reparler de cette aventure lui donna à nouveau l’envie de se manifester auprès de Yad Vachem par une lettre et un dossier qu’elle adressa à Monsieur Lucien Lazare à Jérusalem :

"Monsieur,

Je suis l’ "ex" petite fille juive cachée en 1943-44 à Vichy chez les responsables des Eclaireurs de France dont parle Monsieur Nebot dans son livre Et les enfants furent sauvés 

Comme je l’avais écrit en 1994 dans une brochure rédigée à la mémoire de Monsieur René Duphil, ma famille et moi-même devons "la vie" aux familles François-Risler, Basdevant et Duphil.

Dès que l’on a parlé de la "médaille des justes", j’avais proposé aux Duphil de faire les démarches à leur intention. Ma sœur ainée, malade, n’avait pu s’en charger pour les François.

Par "discrétion", comme le prouve la lettre de Madame Duphil (remise à Monsieur Nebot), ils avaient refusé.

Le temps passant, les générations se succédant… la mienne étant en voie de disparition…

Les descendants François-Risler et Duphil seraient très heureux de voir leurs parents… ou grands-parents honorés , car ils en sont très fiers et très émus.

Pourrais-je vous demander de prendre en considération ma démarche de médaille des justes au profit, à titre posthume, de :

Monsieur Pierre François et sa femme Elisabeth François née Risler

Monsieur René Duphil et sa femme Henriette Duphil née Laulhe … "

 

Les Francois et les Duphil ont été reconnus comme Juste parmi les nations le 31 mai 2011 à titre posthume.

Pour en savoir plus

Lire le magnifique article rédigé par Didier Nebot, l'auteur du livre "Et les enfants furent sauvés", en cliquant " http://morial.fr/files/conference_etles_enfants.pdf "

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