logo_transparent1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 L'association MORIAL rend Hommage à ALBERT CAMUS

 A l'occasion du 60e anniversaire  de sa mort 

 

A gauche, Serge Dahan, Président de Morial
Au centre, Michèle Rotman, Vice-présidente  et modératrice de la conférence.
A droite, Alain Vircondelet, auteur du livre "Albert Camus, fils d’Alger".

       

 

Voici le texte de l'ouverture de la rencontre,  par Michèle Rotman :

Cher Marc Eisenberg, Président de l’Alliance ,
 Cher Gérard Sfez, cher  Ariel Danan qui nous accueillent  ce soir ,
Cher Serge Dahan, Président de Morial
Chères Mesdames, Chers Messieurs,

Ce soir-là, les amies et les amis de l’Association MORIAL, (ce mot n’est pas trop fort) ont bravé embouteillages, métros bondés ou même pas de métro du tout, pour avoir l’immense privilège d’écouter Monsieur Alain Vircondelet auteur du livre "Albert Camus, fils d’Alger".

 

Il nous fait l’honneur, ce Jeudi 16 Janvier 2020, dans le bel Auditorium de l’ENIO qui nous a accueilli si chaleureusement, de nous parler avec passion de ce monument de la littérature FrançaiseALBERT CAMUS, Prix Nobel de Littérature en 1957, à 44 ans, au destin et à la postérité hors-norme.
 

Romancier, dramaturge, journaliste à la plume aiguisée, homme de théâtre, homme engagé, écrivain au style aussi bien classique que lyrique mais aussi philosophe. 

 

"Philosophe pour classes Terminales" disait de lui, Jean-Jacques Brochier, pour s’en moquer un peu !

Oui, mais c’est que Camus refusait de rentrer dans le monde des idéologies, il refusait totalement la binarité, celle qui conduit à la violence, il rejetait toute forme de manichéisme.

C’était avant tout un homme de mesure et de nuances.

Et c’était frappant, ce soir-là, d’être justement à l’ENIO, dirigée pendant 34 ans par Emmanuel Levinas pour l’Alliance Israelite Universelle et de penser que s’il y a bien un point commun entre ces deux-là, c’était bien celui de l’éthique, celui de la Justice et celui de l’humain, avant toute chose.

Ce sont tous deux des philosophes, en lien avec une pensée altruiste, une pensée humaniste, une exigence morale.

Car la morale est bien au coeur de toutes les pratiques de Camus, de son engagement politique, de sa manière d’être journaliste, au coeur de son amour pour la Justice et c’est pourquoi, il nous est si cher, avec ses contradictions et ses paradoxes.

Aujourd’hui, une onde de choc s’empare de tous nos médias à l’occasion du Soixantième anniversaire de sa mort.

Son visage nous interpell, il est à la Une de tous les Journaux.                                

En fait, il nous parle encore au présent, ses romans sont lus, plus que jamais, ses pièces sont jouées.

Jacques Ferrandez en a même fait une BD.

Sa pensée, toute en mesure et en révolte, est de notre temps.

Et qui mieux que son merveilleux biographe, qui mieux qu’Alain Vircondelet a pu nous éclairer par le génie de sa Terre Natale, l’Algérie, et de sa ville adorée, Alger ?

Car il est lui aussi un autre fils d’Alger, il a grandi dans le même quartier populaire, a fréquenté le même Lycée Bugeaud, les mêmes plages, les mêmes lieux, merci à lui d’avoir bravé les grèves SNCF pour nous faire le plaisir de nous parler.

Alain Vicondelet est venu de Bordeaux où il a été très récemment élu Membre Résident de l’Académie des Sciences, des Belles Lettres et des Arts de la Ville de Bordeaux, il est biographe et historien d’Art, il est né à Alger, ce qui ajoute à son analyse de l’œuvre de Camus, un éclairage plus intime et plus vibrant.

Alain Vircondelet enseigne, à l’Université, la Littérature Française et l’Histoire de l’Art, écrivain, il est l’un des biographes les plus reconnus de sa génération, traduit dans le monde entier.

On lui doit notamment des biographies de référence consacrées entre autres à Marguerite Duras, à Saint-Exupéry, à Blaise Pascal, à Rimbaud, à Picasso.

Biographies couvertes de Prix, dont le Prix Méditerranée, pour celle de Camus en 2010, la même année qu’Amos Oz pour "Scènes de la Vie Villageoise".

Jean Daniel, Directeur du Nouvel Observateur, et ami intime, de jeunesse,  d’Albert Camus dit de lui :

"Vous avez assez de ton, de maîtrise dans la construction et de retenue dans l’émotion pour restituer Camus dans sa vérité, tel, en tout cas, que je l’ai connu…"

Car c’est bien la vérité de Camus, son honnêteté fondamentale, son doute philosophique qui nous le rendent aujourd’hui, si attachant et si proche.

C’est un rebelle qui avait en lui une sorte de folie de la sincérité, ce qui a pu lui nuire d’ailleurs de son vivant. Mais aujourd’hui, il n’est plus un objet de débat, il est une boussole, un phare.

Et, notre Association Morial qui a organisé cette rencontre et dont l’objectif essentiel, est bien de retrouver, collationner la mémoire et les traditions des Communautés d’Algérie Juives et Non-Juives ne pouvait trouver meilleur orateur que Alain Vircondelet, pour évoquer celui qui fut aussi poète, comédien, amoureux fou de la Nature, du soleil, des étoiles et des lieux chers à son coeur comme Tipaza, entre autres, qu’il a glorifiée et célébrée.

Le plus jeune Prix Nobel de Littérature, à 44 ans, fait lui aussi partie de notre patrimoine, nous qui sommes nés en Algérie et c’est tout juste si on ne s’approprie pas son prix.

Il nous a tous un peu nobelisés le 10 Décembre 1957 à Stocklom.

Albert Camus est né à Mondovi, près de Bône, dont je suis native.

Je ne peux m’ôter le plaisir de le rappeler. Comme lui, nous aimions et admirions la France, l’Ecole de la République, la Langue Française.

"Oui, j’ai une Patrie, c’est la langue française. " écrivait-il.

Nous aussi, nous admirions nos maîtres et notre coeur bat à l’évocation de Louis Germain, son instituteur qui a tendu comme il dit, " une main affectueuse, une main au petit enfant pauvre que j’étais."

Après sa mère, c’est à Louis Germain qu’il rend hommage en recevant le Prix Nobel.

Nous avons découvert ce soir-là, grâce à Alain Vircondel et à travers le prisme de l’Algérie, un autre visage de l’écrivain, plus humain, plus fragile.

Nous avons rendu hommage ce soir-là à Camus disparu voilà 60 ans, le 4 Janvier 1960…Installé à la place du passager, dans sa Facel-Vega, il roule, parti de Lourmarin pour Paris avec Michel et Janine Gallimard. La voiture quitte tout à coup la route et vient percuter un platane. Camus est tué sur le coup, à la hauteur de Villeblevin, dans l’Yonne.

C’est une mort à la James Dean, annoncée en première page, dans la presse du monde entier. Il aura 46 ans pour l’éternité. Il restera à jamais ce très bel homme, ressemblant à Humphrey Bogart, qui laissa dans son coffre le manuscrit du « Premier Homme », ode à son enfance, à Belcourt où il ressentait si bien la Beauté du monde, la Beauté solaire de l’Algérie et qui disait : "Le monde est beau et, hors de lui, point de soleil". 

 

 

Monsieur Alain Vircondelet 

auteur du livre "Albert Camus, fils d’Alger".

 

 

 

La deuxième partie de cette rencontre a été consacrée à une lecture de lettres de Camus à Maria Casares et de Maria Casares à Camus, par deux merveilleux comédiens : Joanna Jianoux et Philippe Cherbel.

Que dire après cette évocation de Camus, de son œuvre, de sa sensibilité bien particulière qu’Alain Vircondelet appelle le « lyrisme des sens, du soleil, des étoiles, de cette terre d’Algérie » devenue mythique ?

Il a fait revivre Camus « au plus près », comme il est dit dans la préface de son livre « Camus, fils d’Alger »

Que dire après tout cela ?

J’avais l’intention de parler d’Albert Camus et les femmes, d’Albert Camus Don Juan, mais son portrait apparaît à travers ces mots.

J’aimerai pourtant évoquer les femmes qu’il a aimées.

La femme de sa vie, bien sûr, c’est sa Mère, une Icône, Catherine Sintès. Camus l’aime à la folie. Belle, un petit nez droit qu’on retrouvera plus tard, chez les maîtresses de son fils.

Elle est sourde et quasiment absente au monde. Elle a le regard bon et résigné. Illettrée, elle a la parole difficile, drapée dans une éternelle blouse grise, elle n’a qu’une distraction après ses heures de ménage, aller sur son balcon, observer la rue, son monde. Le regard de sa mère, tremblant, doux, fiévreux, est toujours au coeur de son fils, Albert. Il l’aime éperdument. Sa mère, c’est l’innocence, c’est la grâce.

Et, il y a les rencontres : La première, c’est Simone Hié. Racée, de bonne famille, starlette algéroise au fume-cigare provocateur, fiancée à Max-Pol Fouchet. Camus la lui fauche. Mais elle est dépendante aux paradis artificiels… Il l’épouse et divorcera assez vite.

Puis, il y eut plein d’autres femmes… Christiane Galindo, belle et bronzée, qui traversera toute sa vie. Et aussi, des véritables amitiés féminines comme Jeanne Sicard et Marguerite Dobrenn.

Bientôt, il rencontrera celle qui va devenir son épouse et la mère de ses jumeaux, Catherine et Jean. Il dit d’elle : « La perfection est de ce monde.» C’est Francine Faure, excellente pianiste, inimitable dans Bach et mathématicienne, très jolie. Il l’épouse en 1940.

Mais, Camus est un homme de théâtre. Le théâtre a toujours été la grande affaire de sa vie et l’occasion bénie d’approcher des femmes.

La rencontre historique, c’est Maria Casarès, invitée, le 19 mars 1944, chez Michel Leiris. C’est la fille d’un républicain espagnol en exil. Elle a 21 ans. L’écrivain est seul à Paris, Francine est à Oran. Et, durant la nuit du Débarquement, Albert Camus et Maria Casarès deviennent amants. Ils sont faits l’un pour l’autre, c’est son âme sœur… Mais Francine tombe enceinte des jumeaux et Maria rompt. (lecture page 315 A.V.)

 

Leur correspondance croisée a pu être recueillie par Catherine Camus, sa fille, et elle en a fait un ouvrage sublime, édité par Gallimard.

 

Ce ne sont pas des SMS, mais des lettres fougueuses au milieu desquelles on entrevoit la vie de Camus, ses contraintes familiales, ses hésitations.

C’est aussi Camus en proie à un doute existentiel, mélange de bonheur et de drame.

 

Et puis, il y a eu les autres femmes de Camus, Catherine Sellers, qu’il fait jouer dans « Requiem pour une nonne », Patricia Blake et aussi Mi, mannequin chez Fath. L’année de sa mort, il a quatre femmes dans sa vie : Francine, Maria, Catherine et Mi, sa dernière maîtresse en titre.

Mais, avec Maria, ils ne cesseront jamais de s’écrire. Le recueil de leurs 865 lettres d’amour nous fait revivre leur passion amoureuse unique, des lettres enflammées jusqu’à cette dernière, qui fait pleurer, et tout à fait prémonitoire.
Dernière lettre de Camus à Maria Casares.

"Bon. Dernière lettre. Juste pour te dire que j’arrive mardi, par la route, remontant avec les Gallimard lundi (ils passent par ici vendredi). Je te téléphonerai à mon arrivée, mais on pourrait peut-être convenir déjà de dîner ensemble mardi. Disons en principe, pour faire la part des hasards de la route – et je te confirmerai le dîner au téléphone. Je t’envoie déjà une cargaison de tendres vœux, et que la vie rejaillisse en toi pendant toute l’année, te donnant le cher visage que j’aime depuis tant d’années (mais je l’aime soucieux aussi, et de toutes les manières). Je plie ton imperméable dans l’enveloppe et j’y joins tous les soleils du cœur."

(Albert Camus à Maria Casarès 30 décembre 1959)

CAMUS ET LES JUIFS

En Algérie, Camus s’est toujours battu contre les inégalités qui frappaient les Musulmans, puis contre les caricatures du « Pied-noir exploiteur » contre le racisme, en général, et l’antisémitisme.

Clara Touboul, la grand-mère de sa femme était juive, il a été professeur de philosophie avec André Benichou à Oran.

Il était professeur de philosophie mais quand le Décret Crémieux fut abrogé et que la nationalité française fut retirée aux Juifs, alors André Benichou créa un cours privé, le Cours Descartes qui a accueilli les enfants juifs chassés de l’Ecole Publique et Camus y enseigna le Français. Oran, dont on dit que cette expérience devait nourrir son oeuvre future et, notamment, « La Peste ».

Un prêtre lui dit, un jour : « Vous n’avez pas la foi, vous n’avez pas le baptême mais laissez-moi vous dire que vous n’avez besoin ni de l’un ni de l’autre, puisque vous avez la Grâce. »

Camus a toujours exprimé sa sympathie pour les Juifs, toujours montrés du doigt.

Il écrivit dans Combat, le journal qu’il dirigeait, pour se moquer de certaines réflexions qu’il entendait : «On est toujours sûr de tomber au hasard des journées, sur un français, souvent intelligent par ailleurs, qui vous dit que les Juifs exagèrent vraiment…Naturellement, ce Français a un ami juif qui lui, du moins…etc… Quant aux millions de Juifs qui ont été torturés et brûlés, l’interlocuteur n’approuve pas, loin de là… Simplement, il trouve que les Juifs exagèrent et qu’ils ont tort de se soutenir les uns les autres, même si cette solidarité leur a été enseignée par les camps de concentration… »

Camus soutiendra le combat de la jeune Nation Israëlienne dans les colonnes de son journal : « L’exemplaire Israël qu’on veut détruire sous l’alibi de l’anticolonialisme et dont nous devons défendre le droit de vivre, nous qui avons été les témoins du massacre de millions de Juifs et qui trouvons juste et bon que les survivants créent la Patrie que nous n’avons pas su leur donner ou leur garder. »

 

   Jeudi 16 janvier 2020 à 19h30, l'associaiton MORIAL vous invite à :

  - Une rencontre autour du livre d'Alain Vircondelet : "Albert Camus, fils d'Alger"

  La lecture de lettres échangées entre Albert Camus et Maria Casarès.

    Adresse mail pour s'inscrire inscriptions@morial.fr    

 

    Pour en savoir plus :

        Merci de Cliquer sur le flyer pour l'agrandir

 

 

   GRANDE SOIREE  DE MUSIQUE JUDEO ANDALOUSE

A Natanya, dimanche 24 mars 2019 à 19H30HOMMAGE EXCEPTIONNEL AU PIANISTE MAURICE EL MEDIONI.

Il est l’inventeur du "PIANO ORIENTAL", et le précurseur des mélanges entre sons orientaux, Jazz  et influences latines.Maurice El Medioni vit à Natanya et continue de se produire sur  les scènes en Israël.

Au lendemain de son 90ème anniversaire  MORIEL  et tous ces innombrables, admirateurs  se devaient d organiser une Grande Soirée d’hommage en se réunissant autour de son Piano. La Grande Chanteuse Israélienne Neta Elkayam sera présente. 
  Cliquer sur les affiches du spectacle pour en savoir plus. 

MORIAL - Association loi de 1901 - Le nom MORIAL est déposé à l'INPI © 2011 Tous droits réservés
Site réalisé Avec joomla Conception graphique et développement : Eric WEINSTEIN