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Collection Jacques NakacheA partir d’une banale réalité d’un environnement algérien de ces années où régnaient à la fois difficultés, précarité, et insouciance, la superstition nous invite à un suspense haletant où même les représentants du Diable se mettent à faire des miracles.

Mélange passionnant et détonnant de sacrilèges et d’humour juif. Les maisons de ces pauvres juifs grouillaient de rebondissements insolites.
Quelques témoignages recueillis :

Joseph a grandi dans une petite rue bruyante de Constantine, pas loin de l’étal d’Albert, le boucher casher qu’il voyait souvent sacrifier des poules pour obtenir un bienfait ou obtenir une guérison.

Samuel le KHAKHAM aimait à dire qu’il avait la Foi non parce qu’il croit en Dieu mais parce qu’il pense Dieu. Comme dans toute horloge il y a un horloger. Et il ajoutait : laissons Dieu en dehors de notre petit entendement, sinon comment justifier Dieu dans un monde qui regorge d’orphelins, de guerres et de famines…….

Ma Rina, la mère de MESSAOUD, était surnommée la vielle boiteuse. Elle portait une jambe de bois. On raconte qu’un lion dévora sa jambe en un temps où Constantine était une contrée sauvage.

On brisait des verres pour entendre la clameur de MAZALTOV !

La plupart de ces petites gens croyaient ferme au mauvais œil. Ils se méfiaient du "SKHOUR" de la magie traditionnelle.

Les talismans s’échangeaient comme des recettes de cuisine.

Ils ne passaient jamais sous les échelles. Certains portaient un poisson en métal autour du cou et redoutaient les chats noirs. Ils grimaçaient quand ils entendaient l’affreux hululement du hibou ou de la chouette.

Ils embrassaient le pain tombé de la table.

Ils ne se regardaient jamais dans un miroir à la nuit tombée.

Ils n’utilisaient jamais d’eau chaude après minuit.

Ils pensaient qu’un orgelet sur la paupière inférieure annonçait la naissance d’un enfant.

Lorsqu’un papillon s’approchait dans la chambre, ce devait être le "SLAM EL HBIB" le salut d’un être aimé où l’âme d’un disparu.

Ils jetaient de l’eau à la sortie d’un être cher pour qu’il revienne.

Il ne fallait jamais se ronger les ongles pour ne pas apporter la « SHARR » la ruine dans la maison.

Il ne fallait pas laisser des ciseaux ouverts.

La démangeaison de la paume de la main droite annonçait l’arrivée d’argent.

Pour retrouver un objet perdu, les femmes accrochaient une paire de ciseaux sur la MEZZOUZA.

Elles croyaient que coudre un bouton sur quelqu’un devait porter malheur.

Elles dessinaient sur le front du nouveau-né une étoile de David avec du noir de fumée

Certaines suspendaient au-dessus du linteau de la porte la tête d’un coq et des piments rouges.

Des grands-mères confectionnaient des sacs de tissu comportant des signes kabbalistiques et un petit parchemin pour les candidats aux examens. ETC……..

Cliquer sur l'image pour l'agrandir - Collection Jacques NakacheCollection Jacques Nakache

Source de l'information

Jacques Nakache - Texte envoyé par Hubert Habib (Président de Beth Halochem France) en avril 2020, pendant le confinement), paru sur le site de l’AJOC. Copyright © 2020 AJOC. Tous droits réservés.
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