Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial

Chers amis de Morial,
À l’approche de Yom Kippour, au nom des membres du Bureau de Morial et en mon nom personnel, je vous souhaite, à vous et à vos proches, un bon Kippour.
Yom Kippour est inscrit au cœur même de la Torah. Dans le Lévitique, le peuple d’Israël doit consacrer ce jour et « affliger ses âmes » (Lévitique 16, 29 ; 23, 27). Ce commandement biblique impose le jeûne, l’abstention de manger et de boire, et la tradition halakhique en précise les autres privations. La Torah désigne le jour de Kippour comme un Chabbat Chabbathon, un Chabbat des Chabbats, un jour de repos absolu, d’expiation et de purification. Au temps du Temple de Jérusalem, c’était le jour où le Grand Prêtre pénétrait dans le Saint des Saints pour demander le pardon pour lui-même et pour le peuple d’Israël.
De Kol Nidré à la Neïla, chacun se présente avec ses actes, ses fautes, ses regrets et ses espérances. Et nos Sages nous rappellent une exigence essentielle : les fautes commises envers autrui ne peuvent être effacées tant que nous n’avons pas recherché le pardon de celui que nous avons blessé.
Kippour appartient aussi à notre mémoire. Dans l’Algérie de notre enfance, nous n’aurions sans doute pas su mettre des mots sur toute la profondeur de cette journée, mais nous la ressentions. Nous nous souvenons de la gravité inhabituelle de cette journée, du silence, de la ferveur des prières et de cette impression qu’en ce jour quelque chose d’essentiel se jouait.
Nos enfants et nos petits-enfants vivent aujourd’hui Kippour dans d’autres lieux et dans un autre monde. Mais la même gravité les saisit, la même ferveur les enveloppe : le silence, la synagogue, le temps suspendu, la Neïla, l’attente des sonneries du Chofar.
Ces sons annoncent la clôture de cette journée hors du temps. Chacun regagne sa maison, retrouve les siens et la famille se réunit pour rompre le jeûne. Après les heures de jeûne, de prière et d’introspection vient le sentiment de retrouver la vie autrement, avec l’espérance d’avoir été entendu, pardonné, inscrit et scellé dans le Livre de la Vie, et de pouvoir entrer dans l’année nouvelle comme dans un recommencement.
En ces heures solennelles, ayons une pensée pour nos familles, pour ceux qui ne sont plus parmi nous, pour notre communauté, pour tout le peuple juif et pour Israël.
Que cette nouvelle année soit, pour chacune et chacun d’entre vous, pour vos familles et pour tous ceux qui vous sont chers, une année de bonheur, de santé, de paix et de bénédiction ; que vous soyez inscrits dans le Livre de la Vie.
Je vous souhaite un Yom Kippour paisible.
Gmar Hatima Tova