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"CONTES ET RÉCITS DES JUIFS D’ALGÉRIE" de Simon Darmon (pages 277 et 278)

 

L’antisémitisme se déchaîne lors du vote, en 1870, du Décret Crémieux qui accorde la nationalité française aux Juifs d’Algérie.

 

Extrait d’un odieux pamphlet contre le décret Crémieux publié en 1887 à Paris : L'Algérie juive de Georges Meynié 

"Grâce à notre naïveté et notre confiance, le Juif a atteint son but : il est citoyen français en Algérie. Ce n’est pas son attachement pour la France qui lui a fait solliciter cette faveur, mais bien son ambition et sa cupidité. N’ayant pas de nationalité, le Juif est jaloux de tous les peuples, et malgré sa lâcheté, son rêve serait de les placer indistinctement sous sa domination. Impuissant par lui-même, il n’a l’espoir d’arriver qu’autant qu’il est soutenu par ceux mêmes qu’il veut exploiter, et le jour où il sera découvert, il reviendra à la vie errante.

L’insurrection des Arabes que les Juifs avaient tout lieu de redouter, parce qu’elle était surtout dirigée contre eux, avait été bien vite réprimée et ils savaient qu’ils n’avaient plus rien à craindre de ce côté.

C’était pour les Juifs une première victoire qui devait avoir pour nous de terribles conséquences ; en devenant nos égaux, ils se trouvaient au-dessus de l’Arabe, et ils ne devaient pas tarder à lui faire sentir cette supériorité. Le Français va ainsi, tout en étant dupe de sa confiance, être le complice du Juif contre l’Arabe, et exercer le despotisme le plus absolu à l’égard de cet homme qui vient de verser son sang pour la France".(Il s’agit de la guerre de 1870)

Georges Meynie - L’Algérie juive Paris, 1887.

 

Notes de Simon Darmon

-  1er Le décret Crémieux voté en 1870, déchaîne à Alger une vague d’antisémitisme.

Juillet 1884 : pillages de magasins israélites. Des ligues anti-juives se forment en 1896 à Constantine et Oran. Des effigies de Dreyfus sont brûlées par les manifestants. Du 20 au 25 janvier 1898 : émeutes menées par Massimiliano Milano, dit Max Régis ; la foule algéroise est maîtresse de la rue. En Oranie, des agents de police israélites sont révoqués ; des malades juifs soignés dans les hôpitaux sont expulsés.

- 2° Comme en 1887, comme aujourd’hui, la bêtise des antisémites nous donne envie de marcher à quatre pattes, selon l’expression d’un écrivain bien connu.