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 "La guerre d’indépendance d’Israël 1948-1949 

Témoignages de volontaires français et francophones"

Par Norbert Bel Ange

Commençons par le commencement.

Ce livre m’a été offert par Colette Weinstein, la compétente et dévouée Webmastrice du site internet de Morial.

Sans elle, les choses iraient, certainement, autrement.

Il se trouve que son époux, Simon Weinstein (zal), fut l’un de ces mahalniks, de ces soldats qui partirent combattre aux côtés de Tsahal naissant, pour l’indépendance de l’état d’Israël. 

À travers Simon Weinstein qu’il me soit permis de rendre un hommage vibrant à tous ces volontaires juifs ou non juifs, français ou francophones.

À présent, venons-en, chers lecteurs, aux contenus de ce livre.

Ce livre est d’une actualité brûlante puisqu’il rappelle un pan de l’Histoire des années 1948-1949,  années cruciales pour l’existence d’Israël. Et en ce 70e anniversaire de l’état d’Israël, il est bon de rappeler ces faits d’histoire, ces femmes et ces hommes. Leur personnalité, leur parcours, leur destin…

Certains de ces témoignages n’ont d’existence que dans ce livre. Sans le travail de Gilles Lambert qui a recueilli ces témoignages, sans la volonté farouche de Maurice Fajerman, ce livre ne serait pas.

Cette soixantaine de témoignages ne représente qu’un dixième des témoignages possibles. En effet, il y eut environ plus de 600 volontaires français, francophones aux côtés de Tsahal.

Il resterait donc beaucoup à faire encore pour recueillir d’autres témoignages avant que ces volontaires n’aillent rejoindre leurs camarades dans le grand livre  de la mémoire collective.

Au passage signalons que certains ont rédigé leur propre récit.

Mais hélas, je n’ai trouvé que de rares traces  de leur récit. Les mahalniks français ou francophones étaient donc 600 sur un total de 4 000 volontaires venus d’une quarantaine de pays.

Ces soldats ont été répartis à peu près dans toutes les armes et unités de Tshahal. Surtout au sein du Palmach, la brigade Alexandroni, les brigades 5, 7 et 9.

Par atavisme, par intérêt personnel-et je l’assume- je porterai mon attention  sur la présence de ces jeunes juifs venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Ils ont constitué le plus gros du contingent des soldats francophones.

Certains étaient d’anciens soldats de la Seconde Guerre Mondiale dans les rangs des armées françaises. Tsahal a recherché activement ces recrues, riches d’une grande expérience au feu.

Il y avait parmi eux des anciens de la 2e DB du général Leclerc.

Certains d’entre eux étaient, probablement, des anciens du Corps Franc d’Afrique, avant de rejoindre Leclerc et non De Lattre de Tassigny, avec un passé de baroudeurs.

La plupart ont vu leur expérience de soldat s’enrichir sur le terrain. Surtout les fameux commandos SAS dont l’archétype fut Norbert Beyrard ou Norbert Ben Chemoul, de Palikao, un petit juif du bled algérien, un  futur X, un futur polytechnicien ! Rien que cela ! 

Le passé militaire de Norbert Beyrard, sa personnalité, son passé de capitaine des SAS, sa formation de parachutiste ont trouvé à s’exprimer dans Tsahal.

C’est lui qui a constitué la première unité de parachutistes de Tshahal. Un p’tit gars de chez nous, un petit juif pied-noir.

Pousser une sorte de "cocorico" n’est pas de mise pour un historien ! Mais comment faire correctement son métier d’historien sans une belle dose d’empathie pour son sujet !

D’autant que l’on a fait procès-et que l’on continue de faire procès- à ces juifs d’Algérie d’avoir eu une attitude "tiède" vis-à-vis de l’idée du sionisme.

Il serait temps  de réviser cette période de l’histoire des juifs d’Algérie-entre 1830 et 1962- et d’en montrer tous les moments "sionistes".

Les soldats juifs d’AFN, parfois inexpérimentés, à la caboche un peu dure, ont participé aux grands combats de 1948 : la percée de Latrun, la route de Birmanie, la défense de Jérusalem, la défense des frontières nord du pays. Et surtout, au sud la prise de Beersheva, aux mains des Égyptiens. Réputés inexpugnables.

Le "commando ha tsarfati", le "commando français" avec à sa tête Teddy Eytan ont repris Beersheva.

Ainsi le sud d’Israël revenait en quelque sorte entre les mains de Sefarad.  Il me semble que dans la Thora, il en était déjà ainsi.

La boucle est donc bouclée.

L’Histoire moderne d’Israël rejoint l’Histoire biblique !

 

Norbert Bel Ange, le 25 décembre 2018.

Editions Machal, Paris, 2006 ; 338 pages, illustrations, photos, cartes et documents.