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Par Simon Darmon : "Contes et récits des Juifs d’Algérie"

Extrait d'un cours du Dayane Isaac Morali, donnée probablement en 1946, d’après les notes d’un auditeur.

Les pratiques n'ont rien à voir avec la religion, la tradition religieuse, les sources talmudiques, agadatiques, midrachiques.

Les superstitions sont des gestes et des attitudes acquises, et des préjugés. Elles peuvent être bénignes ou graves.

- Aller en pélerinage sur la tombe de saints, de rabbins (par exemple à Tlemcen, sur le tombeau du Rabb ; à Bône, sur la tombe des deux frères).

L'origine est dans la Tora ou plutôt dans les commentaires : pendant que ses coéquipiers explorent la terre de Canaan, Josué va se recueillir sur les tombeaux des Patriarches dans la Grotte de Makhpéla à Hébron ; ou encore Joseph, sur le chemin en allant enterrer son père, va au puits, la fosse où il a été jeté par ses frères. S’y recueillir ? Se remémorer les événements passés ? Se rendre sur la tombe d’un rabbin célèbre est certainement un acte de piété honorable ; en attendre des miracles ou en exiger est problématique.

- Un morceau d'Afikomen gardé à la maison, ou dans le sac, ou dans le portefeuille, en cas de coup dur.

- On ne donne pas de mouchoir à quelqu'un : çà coupe l'amitié.

-  La couleur noir (représente le deuil), le rouge pour les femmes (excite). La première n’est pas interdite, la seconde, oui. Ainsi, une femme juive ne devra jamais porter une robe ou un ensemble rouge ; par contre, il semble que si une partie du vêtement est rouge, comme un sac, des chaussures, des gants, un pull etc. la femme pourrait les porter.

-  La cérémonie de la glace la veille du mariage : on applique la main trempée dans du miel, les doigts bien écartés, sur un miroir de l’appartement (voir Le livre des coutumes p.423a).

-  La coupe de cheveux la veille de la Bar Mitsva : se débarrasser de ses péchés : entrer « tout neuf » dans la vie adulte.

-  Un couteau et un livre de Tehilim sous le coussin du nouveau-né jusqu'à la Brit Mila.

- Les youyous : cris de joie, mais aussi éloigner les mauvais esprits ou l'ennemi, leur jeter un sort.

- Ne pas se croiser les doigts, les bras, les jambes dans une synagogue.

-  Le b’hor : encens, fumigation propre à faire fuir les démons, les mauvais esprits ; et aussi contre le mauvais œil.

-  Quand le nez démange, c'est qu'on va se disputer avec quelqu’un.

-  La paume de la main gauche démange : on va toucher de l'argent ; la paume de la main droite démange : on va payer.

 - Sel renversé sur la table : on va se disputer avec quelqu'un autour de la table.

-  On n'ouvre jamais un parapluie dans un appartement. Le parapluie désigne la tente, donc une demeure de moindre importance ; en ouvrir un serait dénigrer son chez soi.

 Conclusion : les pratiques superstitieuses outragent Dieu et dégradent l'homme