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La tradition des hiloulot – commémorations annuelles du décès d’un sage – occupe une place importante dans le judaïsme d’Afrique du Nord. En Algérie, ces célébrations ont longtemps rythmé la vie religieuse des communautés de Tlemcen, Alger, Oran et Constantine. Elles associaient prière, allumage de bougies, étude de la Torah, récitation de psaumes et repas communautaires.

Ces journées n’étaient pas seulement des moments de souvenir : elles exprimaient la conviction que le mérite du tsaddik continue d’influencer et de protéger sa communauté.

Cette tradition se distingue des célébrations habituelles de l'anniversaire de la mort de proches (yahrzeit chez les ashkénazes ou hazkarah chez les Séfarades) parce qu'elle se célèbre dans la joie, contrairement aux rituels liés au deuil. 

 

Les grandes figures rabbiniques d’Algérie

1. Ribach (1326–1408)

Connu sous l’acronyme Ribach, Rabbi Isaac ben Sheshet (Yitzhak bar Sheshet Perfet) naît à Barcelone et s’installe à Tlemcen après les persécutions anti-juives de 1391 en Espagne.

Il devient l’autorité halakhique majeure de la région. Ses responsa, largement diffusés dans le monde séfarade, constituent une source essentielle pour la halakha médiévale. Son influence dépasse largement l’Algérie.

Rabbi Shimon ben Tzemach Duran, élève et successeur du Ribach, est l’un des plus grands sages d’Afrique du Nord. Originaire d’Espagne, il s’établit à Tlemcen où il dirige la communauté.

Il est l’auteur du célèbre recueil de responsa Tashbets (Tashbatz), œuvre halakhique majeure du judaïsme médiéval.

Figure centrale de Tlemcen, Rabbi Ephraim Encaoua est considéré comme le fondateur spirituel du judaïsme rabbinique local.

Sa tombe à Tlemcen devint pendant des siècles un lieu de pèlerinage majeur. Sa hiloula donnait lieu à de grandes célébrations communautaires.

Grand rabbin d’Alger au XVIIIᵉ siècle, il fut un décisionnaire respecté dans tout le Maghreb. Son ouvrage Zera Yehouda rassemble des responsa traitant de droit religieux et de vie communautaire.

Il correspondait avec d’autres autorités rabbiniques d’Afrique du Nord et d’Europe.

Grand rabbin de Tlemcen au XIXᵉ siècle, il fut également kabbaliste et poète liturgique. Il composa de nombreux piyyoutim (poèmes religieux) chantés dans les synagogues locales.

Sa mémoire demeure vivante parmi les descendants de la communauté tlemcénienne.

Rabbin d’Alger mentionné dans des traditions communautaires et notices rabbiniques. Les informations historiques sont plus limitées que pour les grandes figures médiévales.

Sa hiloula est conservée dans certaines familles algéroises.

Une tradition enracinée et transmise

La hiloula ne se limite pas à la visite d’une tombe. En Algérie, elle comprenait :

Après l’exode des Juifs d’Algérie dans les années 1960, ces traditions se sont poursuivies en France et en Israël, parfois adaptées au contexte local, mais toujours fidèles à l’esprit d’origine.

 

Conclusion

Les hiloulot des rabbins d’Algérie témoignent d’un judaïsme profondément enraciné dans l’étude, la piété et la mémoire collective. Des grandes figures médiévales comme Ribach et Rachbats aux sages plus récents comme Haïm Bliah ou Yehouda Ayache, ces commémorations relient les générations et maintiennent vivant l’héritage spirituel du judaïsme algérien.