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Sidney Chouraqui (p. 137 de son ouvrage "Les raisins d'Alger mûrissent à Jérusalem"

Hôtel ALANTIDE- Bouzaréah (Algérie) - Enfants marocain, en partance pour Israël (1949) Photo M. OUALID

Evénement extraordinaire, historique de l'embarquement illégal clandestin, de plus de 350 personnes (pour la plupart d'origine marocaine), qui sont transportées sur des chaloupes vers le bateau au large de Ténès, dans l'émotion générale. On donne à ce bateau le nom de "Yehouda Halevy" (célèbre poète juif d'Espagne, 1075-1141). Il navigue en direction du port de Haïfa.

Au débarquement, éclatent des bagarres entre les "Olim" et les forces de l'armée anglaise. Ils sont embarqués de force sur un autre bateau et internés sur I 'île de Chypre, dans des camps où ils retrouveront des Juifs d'Europe comme eux précédemment refoulés. Ils y resteront près d'un an avant de pouvoir enfin entrer en Terre sainte.

Il nous faut rappeler que le système britannique des "quotas" limitait à 1.500 personnes par mois le nombre d'immigrants autorisés à pénétrer en Palestine. Entre août 1946 et mai 1948, 40 bateaux contenant plus de 50.000 réfugiés furent refoulés à Chypre. Dans ces camps naquirent 2.000 enfants.

Sur les plages de Sidi-Ferruch, près d'Alger, plus de 350 personnes sont transportées au large, sur des chaloupes, jusqu'au bateau. Il prend le nom de "Shivat Tzion" (Retour à Sion). Il sera également refoulé  à Chypre.

Le bateau sera appelé "Haportsim" (Les forceurs de blocus). Ils seront 60 Olim qui partent des plages du Lido près d'Alger (dans les mêmes conditions que les précédents embarquements).

Henri Sebaoun, un jeune étudiant, un des dirigeants du "Maguen" en Algérie, est l'un des accompagnateurs. Le bateau fera escale dans un port italien pour y embarquer d'autres émigrants. Ils réussiront ensemble à débarquer sur les côtes de Naharyah , au nord d'Israël.

Les célibataires sont en général dépêchés par avion à Marseille; ils recevront un bref entraînement militaire avant leur départ, l'accompagnateur étant souvent un routier de l'équipe Dreyfus. Ces embarquements, bien que secrets, sont connus des hautes autorités françaises.

A Casablanca, au coeur du Mellah, Aïda dirige un dispensaire de I'O.S.E.. Elle arrive à Alger avec un groupe de 25 enfants, cachés dans des fûts vides pour traverser la frontière algéro-marocaine, aidée par M. Ovadia, une personne influente d'Oujda.

↪ Ils sont maintenant au camp de l' "Atlantide" sur les hauteurs d'Alger, pris en charge par une jardinière d'enfants israélienne, Chochana Ben-Yehuda du kibboutz Beit-Oren, assistée d'Aïda.

Ils y reçoivent un traitement médical, car la plupart des enfants sont atteints de teigne et de trachome. Les soins leur sont donnés par la dévouée Mme Benaïm et Aïda dans le cadre de I'O.S.E.. Avant de partir en Israël, ils séjourneront en France dans des maisons d'enfants de l'Aliyath-Hanoar.

Source de l'information

  M. OUALID, dont la mère était l'infirmière principale de la Nurserie à l'hôtel Atlantide.