par Serge Dahan Président de l'Association Morial

Les attentats terroristes ne frappent jamais au hasard, les lieux et les dates sont des choix délibérés, des messages adressés au monde entier.
En visant Hanouka à Sydney, comme l’ont fait avant eux les terroristes islamistes au Bataclan, au festival Nova ou sur les marchés de Noël, ils ne frappent pas seulement des innocents : ils visent une civilisation, une civilisation qui croit en la vie.
Dans l’histoire du terrorisme islamiste, les dates et les lieux sont des armes symboliques. Lorsqu’un attentat est perpétré à Sydney le jour de Hanouka, ce n’est pas un malheureux hasard, c’est un message clair. Une attaque contre tout ce que Hanouka et Noël incarnent : contre les valeurs judéo-chrétiennes, contre la lumière, contre la vie célébrée.
Hanouka et Noël ne se contentent pas de coïncider dans le calendrier, ils se répondent et se renforcent.
Deux récits différents, une même conviction fondamentale : la lumière contre les ténèbres.
Tous deux tombent au cœur de l’hiver, au moment où la nuit semble l’emporter. C’est précisément là que l’humanité choisit d’allumer des lumières pour affirmer que la lumière est plus forte que l’obscurité.
Ces fêtes sont des moments essentiels de transmission, des fêtes d’enfants, de familles, de mémoire et d’avenir. Des instants où l’on se rassemble, où l’on raconte, où l’on transmet une espérance.
Les rires et les chants ne sont pas des détails folkloriques : ils affirment, haut et fort, qu’il ne faut ni céder, ni s’effacer, ni disparaître devant la terreur et l’idéologie de mort, mais résister et qu’une flamme suffit à tenir tête à la nuit.
De l’Algérie du Milk Bar en 1956 à la France du Bataclan en 2015, les terroristes ont choisi des lieux de vie, là où l’on se rencontre, là où l’on partage, là où l’on existe ensemble.
Le Milk Bar n’était ni un centre de pouvoir ni un symbole religieux : c’était un café, un lieu de convivialité, de jeunesse, d’insouciance.
Le Bataclan, c’était une salle de concert, des jeunes, une foule réunie par une passion commune pour la musique, venue partager un instant de liberté et de bonheur collectif.
Le terrorisme islamiste mène une guerre idéologique contre notre modèle de civilisation, fondé sur la liberté, la fraternité, le respect de l’autre, la dignité, et la transmission des valeurs humaines fondamentales.
Le 7 octobre, au festival Nova, cette haine de la vie a atteint des sommets. Les terroristes ont massacré ceux qui dansaient, qui célébraient la musique, la liberté, la vie. Ils n’ont pas seulement tué, ils ont voulu effacer la possibilité même de vivre et d’exister ensemble, en anéantissant dans le sang la liberté des corps et des esprits.
À Sydney, le jour de Hanouka, l’histoire s’est répétée. Une plage, un espace de liberté, de transmission, une fête de lumière et de paix.
Et le même sang-froid glaçant : des tirs méthodiques, balle après balle, visant indifféremment enfants, femmes et hommes réunis pour célébrer Hanoukka
Les fêtes de Hanouka et de Noël disent exactement l’inverse de cette idéologie de mort. Elles affirment que la lumière se partage et se transmet. Elles disent que la foi n’est pas domination, mais espérance, que la fête n’est pas une faiblesse, mais une résistance, un combat.
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Attaquer Hanouka, c’est déjà attaquer Noël, souvenons-nous de l’attentat du marché de Noël de Breitscheidplatz, en Allemagne : Une camion-bélier, 12 morts, 48 blessés.
L’Histoire l’a montré, les Juifs sont souvent désignés en premier, parce qu’ils incarnent la racine, la mémoire, l’origine. Mais ils ne sont jamais les derniers. Après Hanouka vient Noël.
Ce qui est attaqué, ce n’est pas seulement la haine des juifs mais une vision du monde où l’on allume des bougies, où l’on chante, où l’on danse, où l’on apprend aux enfants que la vie doit être aimée, que l’autre doit être respecté, et que la liberté et la fraternité doivent être défendues.
Sydney, se sont des vies brutalement interrompues, des familles à jamais brisées. Ce drame ne relève pas seulement de l’émotion du présent, il s’inscrit dans une histoire plus vaste qui nous rappelle que l’Histoire ne se contente jamais de témoigner du passé, elle nous met face à une responsabilité immédiate. Il n’y a plus de neutralité possible.
En ce temps de Noël, adressons des vœux de Joyeux Noël aux chrétiens du monde entier, avec une pensée particulière pour les chrétiens d’Orient, victimes de persécutions, d’exils et de violences en raison de leur foi.

