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Bienvenue sur le site de l’association MORIAL

Notre objectif : sauvegarder et transmettre la mémoire culturelle et traditionnelle des Juifs d'Algérie. Vous pouvez nous adresser des témoignages vidéo et audio, des photos, des documents, des souvenirs, des récits, etc...  Notre adresse

 e-mail : morechet@morial.fr -  lescollecteursdememoire@morial.fr

L’ensemble de la base de données que nous constituons sera  régulièrement enrichie par ce travail continu de collecte auquel, nous espérons, vous participerez activement.  L'intégralité du site de Morial sera déposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) à Paris, pour une conservation pérenne .

Tlemcen, le kiosque à musique au centre ville
Médéa : rue Gambetta (1945)
Alger : rue d'Isly (1930)
Une oasis à Ouargla (Territoire du Sud algérien)
La Grande Poste d'Alger (Photo J.P. Stora)
Square Bresson
Lycée E.-F. GAUTIER D'ALGER
Service Alger - Bouzareah
Alger : le marché de la place de Chartres
MEDEA - Le Café de la Bourse
Guyotville - La Plage

 

Par Serge Dahan, Président de l'Association Morial

Adossée aux premiers contreforts de l'Atlas blidéen et ouverte sur l'immense plaine de la Mitidja, Blida apparaît comme une oasis de verdure entre montagne et plaine, les eaux qui descendent des reliefs alimentent un réseau de canaux, de jardins et de vergers. Au printemps, lorsque les orangers sont en fleurs, leur parfum enveloppe toute la ville.

Fondée au XVIe siècle par des familles musulmanes andalouses, Blida porte la mémoire d'Al-Andalus. Très tôt, la prospérité de Blida attire des familles juives. Certaines arrivent des anciennes communautés du Maghreb central, d'autres sont les descendantes des exilés séfarades d'Espagne ou proviennent du Maroc voisin.

L'un des événements qui marque profondément l'histoire des communautés juives du Maghreb est l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492. Après la chute de Grenade, des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants prennent le chemin de l'exil. Certains rejoignent l'Empire ottoman, d'autres le Maroc, la Tunisie ou les villes du Maghreb central. Beaucoup emportent avec eux une langue, des traditions, une mémoire et une culture qui continuent de vivre.

La conquête française de 1830 fait entrer Blida dans une histoire nouvelle. Située au cœur d'une région stratégique, la ville se trouve rapidement au premier plan des affrontements qui opposent les armées françaises aux partisans de l'Émir Abdelkader. Lorsque la France s'y installe durablement en 1839, Blida change de visage. Aux jardins, aux vergers et aux canaux d'irrigation s'ajoutent progressivement les casernes, les hôpitaux militaires et les bâtiments administratifs. La ville devient l'une des principales places fortes de l'Algérie française.

Le véritable tournant de l'histoire des Juifs de Blida, comme de l'ensemble des Juifs d'Algérie, intervient en 1870 avec le décret Crémieux. En quelques lignes, ce texte accorde collectivement la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie et modifie profondément leur statut juridique, politique et social.

Pour les familles juives blidéennes, cette évolution ouvre les portes d'un monde nouveau. L'école de la République se développe. au fil des décennies, nombre de jeunes Blidéens poursuivent leurs études secondaires puis supérieures à Alger avant de revenir dans leur ville d'origine. Médecins, pharmaciens, enseignants, fonctionnaires, commerçants participent à la modernisation de la cité et à son développement économique.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Blida apparaît solidement enracinée dans la ville, mais cet enracinement n'est pourtant pas à l'abri des bouleversements de l'histoire. En 1940, l'abrogation du décret Crémieux par le régime de Vichy prive brutalement les Juifs d'Algérie de leur citoyenneté française. À Blida comme ailleurs, des élèves sont exclus des établissements scolaires, des fonctionnaires perdent leur emploi et de nombreuses familles découvrent soudainement la fragilité des droits qu'elles pensaient définitivement acquis. Pour beaucoup, c'est un choc profond. En quelques mois s'effondre la certitude d'appartenir pleinement à la communauté nationale française.

Le débarquement allié de novembre 1942 puis le rétablissement progressif des droits civiques mettent fin à cette parenthèse douloureuse. Mais l'expérience laisse une trace durable dans les mémoires. Elle rappelle que pour la communauté juive les équilibres les plus solides demeurent vulnérables.

Les Juifs d'Algérie savent qu'ils ne sont pas à l'abri des soubresauts de l'histoire. le souvenir des émeutes et massacres de Constantine d'août 1934 demeure vivace. vingt ans plus tard, lorsque la guerre d'Algérie éclate, ce souvenir resurgit naturellement. À Blida, la guerre devient progressivement une réalité quotidienne et les nouvelles venues de la capitale ou des maquis voisins alimentent les inquiétudes.

Les familles juives,   profondément attachées à cette terre et citoyennes françaises,   comprennent que leur place dans l'Algérie qui se dessine est incertaine. À l'approche de l'indépendance, les départs se multiplient, et les familles prennent conscience qu'elles devront quitter une ville qu'elles considéraient comme leur foyer depuis des générations.

 

En 1962, la communauté juive quitte Blida. En quelques mois disparaît une présence plusieurs fois séculaire qui avait accompagné l'histoire de la ville depuis ses premiers développements.

Pourtant, l'histoire ne s'efface pas.

La mémoire la plus vivante ne se trouve pas seulement dans les bâtiments encore debout ou dans les pierres du cimetière juif. Elle survit avant tout dans les récits transmis au sein des familles, dans les photographies conservées avec soin, dans les archives retrouvées au fond d'un tiroir, dans les lettres, les actes de mariage, les carnets d'école, les souvenirs d'enfance et les témoignages d'avant 1962.

Cette mémoire est aujourd'hui préservée, enrichie et transmise grâce au travail d'associations. Morial occupe une place particulière. Depuis de très nombreuses années, Morial collecte, sauvegarde et diffuse l'histoire, les traditions, le patrimoine culturel et la mémoire des Juifs d'Algérie. Son site internet est devenu une bibliothèque de la mémoire, accessible à tous, où se côtoient témoignages, photographies, documents d'archives, récits familiaux, recherches historiques et souvenirs de communautés aujourd'hui disparues.

Mais ce patrimoine exceptionnel n'existe que grâce à la générosité de celles et ceux qui ont accepté de partager une part de leur histoire familiale. Chaque photographie retrouvée, chaque document conservé, chaque témoignage écrit ou enregistré contribue à sauver de l'oubli un fragment de cette mémoire collective.

 

C'est pourquoi nous lançons aujourd'hui un nouvel appel à tous les amis de Morial, à tous les descendants des familles juives d'Algérie. Si vous possédez des photographies, des documents, des correspondances, des archives familiales ou des souvenirs susceptibles d'enrichir notre connaissance de cette histoire, nous vous invitons à les partager afin qu'ils puissent être conservés et transmis aux générations futures.

 

Nous souhaitons également recevoir vos témoignages personnels et vos chroniques mémorielles : souvenirs d'enfance, récits familiaux, portraits de personnages, évocations de quartiers, d'écoles, de fêtes, de métiers ou de moments de vie.

Ces contributions pourront être publiées dans notre Gazette hebdomadaire du dimanche, afin que cette mémoire continue à circuler, à se transmettre et à vivre.

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